Paroisse

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La réforme lutherienne

Bien que la famille Rathsamhausen zum Stein soit passée à la Réforme au milieu du XVIème siècle, ce n'est que Georges Jean de Veldenz qui envoya les premiers pasteurs prêcher la Réforme luthérienne après 1584. Celui-ci fit adapter en langue française les ordonnances ecclésiastiques du comté de La Petite-Pierre et fit venir des pasteurs du pays de Montbéliard, seule région luthérienne de langue française.

À partir de 1618, le Ban-de-la-Roche comptait deux paroisses : Waldersbach et Rothau. La paroisse de Waldersbach comprend les villages de Fouday, Solbach, Waldersbach, Bellefosse et Belmont et les hameaux du Trouchy, du Pendbois et de la Hutte. La paroisse de Rothau se compose des villages de Rothau, Neuviller et Wildersbach et des hameaux de Riangoutte et de la Haute-Goutte. En vertu du principe « cujus regio ejus religio », le Ban-de-la-Roche est une enclave luthérienne dans un territoire catholique. Les territoires environnants appartenaient : au nord à l'Evêché de Strasbourg et à la ville d'Obernai, catholique ; à l'ouest au comté de Salm, catholique ; au sud, le bailliage de Villé appartenait aux Habsbourg, également de confession catholique romaine.

Le bailliage de Barr, situé à l'est, était le seul lien avec un territoire protestant. En outre, Barr était le siège du Consistoire dont dépendaient les deux paroisses du Ban-de-la-Roche jusqu'en 1852.

La vie paroissiale

Desservie par le pasteur de Rothau jusqu'au XIXème siècle, la paroisse a été créé par décret royal en 1845, avec ses deux hameaux Riangoutte et Haute-Goutte,. Le village bénéficiait déjà d'une chapelle dès 1753 construite par le Pasteur Jean Georges Stuber, résidant à Waldersbach. En fait, on suppose qu'il a du s'agir d'un agrandissement. S'inscrivant pratiquement dans un carré, l'édifice comportait deux rangées de bancs situées de part et d'autre d'un couloir central donnant accès à la chaire et à l'autel ; les bancs des anciens sont placés sur le coté gauche, à l'avant, et une tribune occupait le fond. Les bancs formaient une longueur totale de 176,50 m, soit 357 places. Ce sanctuaire se révèlera trop petit et surtout sera si délabré un siècle après en raison de la mauvaise qualité des matériaux employés que les fidèles hésitaient à se rendre au culte : dès lors, l'office se fit dans la salle d'école.

Les travaux de construction de la nouvelle église dont les plans ont été établis par l'architecte diocésain de l'arrondissement de Saint-Dié, M. Bruyant, ont été adjugés le 23 mars 1858 au sieur Goulée, entrepreneur de Raon l'Etape qui n'était que le prête-nom de deux habitants de Riangoutte, Louis Ahne et Fritz Malaisé. Le coût total de cette construction fut de 20 376,77 F.

Remarquons encore que l'emplacement de l'ancienne église n'a pas suffi, il a fallu faire l'acquisition de deux parcelles de terrain. La nouvelle église ne sera achevée que pour Pâques 1859.

La cloche qui se trouve encore en place a été fondue en 1859 par la maison Louis Edel, de Strasbourg. Le dimanche 10 septembre 1865, l'harmonium est joué pour la première fois au service du matin. Les vases sacrés, donnés par des amis de Strasbourg, arrivent en novembre de la même année et seront inaugurés le 25 décembre 1865.

En 1899, après avoir finalement renoncé à remplacer l'harmonium devenu défaillant par un autre, à pédales, des orgues à traction pneumatique (2 claviers et pédalier) sont installées par la maison Roethinger de Schiltigheim. Pour placer cet instrument, il a fallu faire une avancée à la tribune et vu son poids, prévoir deux colonnes de soutènement.
En 1905, on installe dans le clocher une horloge avec quatre cadrans à deux aiguilles, construite par la maison Ungerer et fils ; elle sera inaugurée le 20 août.

L'équipement du village en électricité en 1922 entraînera l'installation d'appliques latérales à l'église, complétées en 1932 par quatre grandes lampes descendant du plafond et, en 1927, l'électrification de la soufflerie des orgues. Entre-temps, l'instrument, mutilé durant la guerre par la réquisition de quelques-uns de ses tuyaux, sera restauré (1932).

En automne 1929, à l'occasion de la réfection des peintures extérieures du temple, des versets seront inscrits afin d'embellir l'édifice et de nourrir sa piété. Ces inscriptions causeront bien des ennuis quelques années plus tard. Leur rédaction en français ne fut pas du goût des occupants allemands de 1940. Si elles ont été conservées dans l'état, c'est grâce à la finesse et au courage du maire de l'époque, M. René Groshens (qui occupait aussi la fonction de secrétaire de mairie). Il dit alors aux allemands voulant faire recouvrir les inscriptions à la chaux que les couleurs employées étaient tellement bonnes que les inscriptions réapparaitraient peu à peu et que tout serait à recommencer, ou, solution extrème, qu'il faudrait démolir l'église et qu'il s'y opposerait fermement. Les inscriptions furent donc tout simplement recouvertes de toiles. En novembre 1944, les inscriptions réapparurent telles qu'elles étaient auparavant. Celles-ci ont été remises à neuf en 1980, lors de la rénovation de l'intérieur de l'église. À noter que la chaire suspendue est desservie par deux escaliers. Les murs extérieurs ont été recrépis en 1992.

Le problème du chauffage, vu le gros cubage que représente l'édifice (environ 1500 m3), a été résolu avec satisfaction en 1961. L'entreprise Willy Bruderlin de Riangoutte a installé des résistances électriques sous les bancs en remplacement des poêles à bois. Une sonorisation sera montée en 1962. Le remplacement de la porte d'entrée date de 1981. En 2005, la réfection de la partie de toiture donnant sur la rue principale a été réalisée.

En outre, depuis quelques années, des échanges réguliers ont lieu avec la paroisse catholique de Natzwiller, notamment lors de l'opération annuelle "bol de riz". Le 17 décembre 2006, un concert de Noël commun des deux chorales avec la musique de la Vallée de la Rothaine a réuni un grand nombre de personnes à l'Eglise de Natzwiller. La manifestation depuis est reconduite tous les 2 ans.

A noter encore qu'en 1895, le village se composait de 635 habitants dont 35 catholiques.  

Une fête paroissiale est aussi organisée tous les deux ans.